Au mois de décembre, la fédération Agirc-Arrco a testé le stage de 3e 100 % digital. Ce dispositif innovant porte un nom, trouvé par un jeune stagiaire pour l’anecdote : Back Stages. Benoit Eymery, responsable de centre de formation et des expertises métiers (CFEM) revient sur cette initiative qui se poursuit sur 2021.

ScanRH : Comment a émergé ce projet ?
Benoit Eymery : La branche retraite et prévoyance est très engagée dans le dispositif des stages de 3e. Cet engagement est porté par une convention que nous avons signée avec le Ministère de l’Education nationale en 2016, renouvelée en 2019, et qui propose 1000 stages aux collégiens, et particulièrement aux jeunes sans réseau. Mais la crise sanitaire a changé la donne en rendant ce stage facultatif. Nous nous sommes retrouvés pris entre deux feux : d’un côté, des potentiels stagiaires désireux de découvrir le monde de l’entreprise et nos métiers et de l’autre, des collaborateurs pour qui le télétravail a été généralisé.
Le CFEM ayant largement pris le virage de la digitalisation, accéléré par le confinement du printemps 2020, j’ai réfléchi à une solution qui nous permettrait de maintenir notre action auprès des collégiens. Naturellement, j’ai proposé de digitaliser la semaine à mes collaboratrices de la mission partenariats et relations écoles : Sophie de Rancourt et Lauretta Henry. Après tout, nombre de collégiens avaient expérimenté l’enseignement à distance dès le mois de mars 2020.

ScanRH : En quoi consiste Back Stages concrètement ?
B.E. : Back Stages, c’est d’abord le dynamisme et l’énergie de Sophie et Lauretta. Très rapidement, elles se sont emparées du concept pour l’incarner. Et Back Stages a pris la forme d’un emploi du temps de 9h à 16h30, cinq jours par semaine avec des interventions de formes très variées. Et ce, grâce à la mobilisation des collègues de la fédération Agirc-Arrco. En somme, nous avons transposé la formule présentielle en digital mais avec de nombreux bonus. Toutes les directions sont embarquées dans Back Stages : action sociale, système d’information, ressources humaines, juridique, communication… Notre directeur général, François-Xavier Selleret se prête également à l’exercice des questions/réponses avec les jeunes stagiaires.

ScanRH : Quels sont les résultats de cette expérience ?
B.E. : Début janvier, nous avons décidé de continuer sur ce modèle, et depuis, les stages ont lieu toutes les semaines. Avec le distanciel, nous pouvons atteindre des collégiens qui n’auraient pas pu se rendre sur nos sites parisiens ou même en province. Chaque semaine, ce sont entre 5 et 15 collégiens qui découvrent la retraite, son fonctionnement mais aussi ses métiers et ses valeurs.
Je tiens également à souligner la motivation et la disponibilité de nos « profs d’un jour ». Vous découvrirez très prochainement les portraits qui font que cette expérience existe. Stéphanie, Rajae, Jennifer, Stéphane, Sophie, Frédéric, Sidi… Ils sont nombreux à se relayer auprès des jeunes et incarnent notre devise : Mon job a du sens.

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