Dernièrement, les équipes de la direction technique informatique (DTI) Agirc-Arrco, appuyées par les acheteurs de la relation fournisseurs,[1] ont osé un pari novateur : faire appel à de la prestation intellectuelle sur un marché dit réservé. Mais qu’est-ce que c’est ? Nous avons demandé à Éric Gillon (DTI) et Aurélien Larrat (relation fournisseurs).

Un besoin métier spécifique
La DTI recherchait de longue date un profil précis, celui de software asset manager (SAM). Le rôle de ce gestionnaire des actifs logiciels : gérer efficacement, en adéquation avec les contrats fournisseurs, le parc des logiciels de l’entreprise. « Le SAM a une bonne connaissance des droits acquis sur les logiciels, explique Éric Gillon. Il sait si on consomme plus que ce qu’on a acheté ou si on a acheté plus que de besoin. » Ce talent à forte valeur ajoutée a désormais le vent en poupe.

Sur la piste du marché réservé
Le recrutement en interne n’ayant pas abouti, la relation fournisseurs fait appel aux sociétés de prestation qui ont signé un accord-cadre d’expertise avec l’Agirc-Arrco. Nouvel échec, compte tenu du surcoût de la prestation proposée. « Nous nous sommes dit : et pourquoi ne pas se tourner vers un marché réservé ? » confie Aurélien Larrat. Au-delà de l’avantage financier, c’est un contrat gagnant-gagnant, avec la formation de bout en bout d’un SAM. »

Un marché réservé, c’est quoi ?
« Il est possible de réserver un marché public ou un des lots d’un marché, soit à des structures qui emploient des travailleurs handicapés ou défavorisés, soit à des entreprises de l’économie sociale et solidaire, à condition que cette disposition soit mentionnée dans l’avis de marché ou les documents de la consultation. » Source : Bulletin officiel des annonces des marchés publics

Un transfert de compétences… en pleine crise sanitaire !
Le 9 mars, Mathieu Straebler, de la société Innov &­ Co Handicap, a donc intégré l’équipe d’Éric. Une semaine plus tard, le confinement était décrété… pour durer deux mois ! « Comme tout le monde, nous avons dû nous adapter à cette situation inédite, » reconnaît Éric. Nous avons instauré des bonnes pratiques du travail à distance, par exemple en structurant rigoureusement nos visioconférences quotidiennes. » D’autant plus nécessaire du fait du handicap de Mathieu­ : « Pour moi, les réunions à distance sont plus fatigantes, car ça me demande un plus gros effort de concentration. C’est une routine à mettre en place. »

Éric et Mathieu en pleine visioconférence durant le confinement

Et maintenant ?
« J’ai mis à profit le confinement pour travailler de mon côté et assimiler les informations, » nous dit Mathieu. Être en situation de handicap ne signifie pas ne pas pouvoir travailler. Ça peut signifier une adaptation de l’environnement de travail au handicap. D’autant que Mathieu, qui est en pleine reconversion professionnelle, est très motivé. Nous sommes prêts à relever ce défi ! », conclut Éric.
Affaire à suivre !

Le retour sur le site de Central Seine (Paris 12) a eu lieu le 10 juin

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